Vous l'avez peut-être lu dans votre magazine ou journal préféré (non, pas Picsou Mag, l'autre), les poils ramenés il y a peu par des scientifiques anglais et censés appartenir au yéti, alias l'abominable homme des neiges (banana na banana na banana split ouh), ne sont en réalité que des poils de chèvre.

Les poils du soi-disant mande barung appartiennent en fait à une espèce d’ongulée (ha ha, l’habile jeu de mots) de chèvre himalayenne, le goral. Au-delà du fait que vous avez trouvé un nouveau mot pour votre prochaine partie de scrabble, soyons honnêtes c'est une bien triste nouvelle. Mais ça ne prouve rien. Le Yéti peut fort bien être une chèvre. Une grosse chèvre, d’accord. Grosse et agressive, au point de se dresser sur ses pattes arrières pour attaquer les frêles victimes de ses sauvages repas («TRRRRREMBLE, BRIN D’HERBE !!! Si tu es salé, c’en est fini de ta courte vie »). C’est possible. Ça peut aussi être une chèvre qui aurait lu M. Seguin et qui aurait envie de se battre, toujours le poing levé, viser la lune ça ne lui fait pas peur. Parce que c’est vachement réducteur de faire des chèvres les victimes passives des pulsions meurtrières des loups, les chèvres sont actuellement (comme toutes les minorités) dans un processus de rébellion contre l’ordre établi, vous verrez que bientôt on va élire un président de mère chèvre et de père légionnaire. Oui elle était facile.

Car tout est possible.  Après tout les oiseaux sont bien les descendants des dinosaures (avec moi les enfants : un T-Rex sur un mur qui picore du pain dur, picoti picota, mord ton cou et t’arrache un bras).

Si le yéti est une chèvre nous pouvons en déduire plusieurs choses amusantes et néanmoins édifiantes :

1) Heidi aurait pu aider son grand père à garder son élevage de yétis là haut sur les alpages et l’histoire aurait pris une toute autre tournure, à mon sens plus intéressante. « Mais où est grand père ? il devait mener les chèvres paître là haut dans le champ de fleurs ! Allons voir, Pierre ! Que la nature est jolie !! Oh une fleur bleue ! OHH ! une fleur jaune !!! OOOOOH ! un bras de grand père ! Là par terre !!! »

2) De même, l’élevage de yétis, malgré les petits inconvénients qu’il entraîne, nous permettrait néanmoins de déguster du fromage de yéti ! « Songe que ce produit totalement bio a couté la vie à 3 petits himalayens avant d’atterrir sur ta table, alors arrête ton caprice et finis ton fromage, veux tu ? »

3) Le poil de yéti-goral étant nouveau, on ne tardera pas à découvrir des pulls à motifs sur les podiums : « Alexander, parlez-nous de votre collection automne hiver ! Oh alors j’ai voulu travailler des matières à la fois douces et brutales, vous voyez, qui collent au plus près à la femme moderne, tournée vers l’environnement mais qui sait aussi se battre dans son environnement professionnel, si besoin en démembrant ses opposants. Chaque femme est un soleil, vous savez. »

4) Si le yéti est une chèvre, je me demande s’il est soumis aux nombreux problèmes de mammites… Je me demande si on trouvera un vétérinaire pour les soigner, le cas échéant. Si jamais on pourrait en faire une émission de télé réalité : « 8 participants, une montagne dangereuse, une chèvre agressive et une seule seringue hypodermique… Qui sauvera le yéti ??? »